Des récits qui ont marqué l'année, à découvrir ou à offrir
Un premier roman à l'écriture ciselée et aux multiples rebondissements, l'histoire d'une vie bouleversée par l'amour et un vent de liberté.
Le Caire, années 1980. La vie bien rangée de Tarek est devenue un carcan. Jeune médecin ayant repris le cabinet médical de son père, il partage son existence entre un métier prenant et le quotidien familial où se côtoient une discrète femme aimante, une matriarche autoritaire follement éprise de la France, une soeur confidente et la domestique, gardienne des secrets familiaux. L'ouverture par Tarek d'un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam est une bouffée d'oxygène, une reconnexion nécessaire au sens de son travail. Jusqu'au jour où une surprenante amitié naît entre lui et un habitant du lieu, Ali, qu'il va prendre sous son aile. Comment celui qui n'a rien peut-il apporter autant à celui qui semble déjà tout avoir ? Un vent de liberté ne tarde pas à ébranler les certitudes de Tarek et bouleverse sa vie.
Premier roman servi par une écriture ciselée, empreint d'humour, de sensualité et de délicatesse, Ce que je sais de toi entraîne le lecteur dans la communauté levantine d'un Caire bouillonnant, depuis le règne de Nasser jusqu'aux années 2000. Au fil de dévoilements successifs distillés avec brio par une audacieuse narration, il décrit un clan déchiré, une société en pleine transformation, et le destin émouvant d'un homme en quête de sa vérité.
Des récits qui ont marqué l'année, à découvrir ou à offrir
Douze ouvrages qui ont été sélectionnés par trois de nos anciennes jurées
Au Caire, Tarek, jeune médecin, voit sa vie bouleversée lorsqu'il rencontre Ali, 17 ans
C'est une histoire d'amour, de filiation que raconte ce roman. L'auteur Eric Chacour choisit la narration à la seconde personne qui peut dérouter au début mais que l'on comprend par la suite comme un dialogue entre un père et un fils. L'écriture s'avère tout en retenue, sensible. Et on nous raconte l'histoire de Tarek, médecin promis à une belle carrière à une vie bourgeoise au Caire au siècle dernier. Mais, tout volera en éclat quand il tombera amoureux d'un autre homme. Se dessine une société patriarcale qui n'accepte pas l'homosexualité où même les femmes tirent les ficelles du destin des hommes qu'elles veulent tracer. La mise à distance avec le "Tu" , le dialogue secret entre ce fils et ce père, font ressortir la douceur, la mélancolie de ce roman. Les différents points de vue déploient ce récit et permettent aussi d'en découvrir toute sa richesse.
Ce que je sais de toi, d’Éric Chacour, se déroule entre 1961 et 2001 entre l’Égypte et le Canada.
C’est l’histoire de Tarek, ce jeune garçon dont la carrière est déjà toute tracée : son père est médecin, il sera médecin.
Il reprend le cabinet médical de son père à Dokki, quartier résidentiel et calme de la ville du Caire. Ne se sentant pas vraiment à sa place, il offre également, hebdomadairement, ses soins aux habitants du Moqattam, sorte de colline en bordure du Caire, dans un dispensaire bâti à son initiative, s’appliquant à soigner ces pauvres gens que sont les Zabbalines, des chiffonniers ou plutôt des recycleurs vivant sur ce tas d’ordures.
Il se marie, mène une vie paisible entre ses patients et sa famille jusqu’au jour où il fait la connaissance d’Ali.
Ali est ce jeune homme qui, un soir, est venu l’attendre au dispensaire pour qu’il vienne soigner sa mère. Cette rencontre va complètement chambouler sa vie et changer sa destinée.
Éric Chacour nous offre une superbe description du Caire aussi bien par ses images que par ses odeurs. Il nous fait voyager dans cette Égypte des années 1980, évoque le climat politique de l’époque et fait découvrir cette société cairote avec ses différents milieux.
Avec les parents de Tarek, il nous ouvre la porte de la communauté levantine des francophones plutôt chrétiens alors que la famille de Mira, son épouse, de condition plus modeste, fait partie de la troisième et dernière vague d’Arméniens ayant immigré en Égypte.
Et puis il y a ce quartier du Moqattam, véritable décharge à ciel ouvert situé sur les collines de la capitale avec ses pauvres et ses sans grade.
Comme on peut s’en douter dès le premier baiser, vivre son homosexualité dans l’Égypte des années 1980 peut s’avérer très compliqué et le devient encore davantage quand l’hypocrisie des hommes s’en mêle...
Ce que je sais de toi, magnifique histoire d’amour, toute en délicatesse, se présente au départ un peu comme une énigme, car on ne sait pas qui est le narrateur, si ce n’est que ce n’est pas Tarek qui raconte son histoire puisqu’il use du « tu ». Il révélera son identité dans la deuxième partie du roman, en utilisant cette fois le « je » pour finir par le « nous » dans une troisième et dernière partie – une narration originale.
J’ai été emportée par la beauté de l’écriture d’Éric Chacour, une écriture très travaillée, ciselée, précise, sensible, sensuelle pleine de délicatesse, de poésie et parsemée d’humour.
Le travail sur la psychologie des personnages, leur rôle et leur interaction est admirable et les rend très présents et j’ai trouvé particulièrement réussis les portraits féminins, que ce soit celui de la mère de Tarek, de sa sœur Nesrine, de l’indispensable et incroyable Fatheya ou encore de Mira, l’épouse assez mystérieuse. D’ailleurs le narrateur ne joue-t-il pas à la nommer d’une multitude de qualificatifs, Mirasthénie, Mira-Télépathe, Mira-Diaphane, Mira- Déflagration…
Ce que je sais de toi, premier roman d’Éric Chacour est un roman d’amour, de combat, de filiation, de recherche de soi, un entrecroisement de situations, de lieux, de générations, absolument remarquable et bouleversant, et qui ne peut se lâcher une fois les premières lignes lues…
Je dois encore féliciter ma médiathèque pour avoir su extraire des publications 2023 ce roman afin de le proposer dans le Prix des lecteurs des 2 rives 2024, un choix fort judicieux.
Chronique illustrée à retrouver ici : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2024/10/eric-chacour-ce-que-je-sais-de-toi.html
Roman multi-primé et encensé à juste titre, je ne peux qu’abonder. Ce premier roman est magnifique, un coup de cœur également pour moi. Je l’avais gardé précieusement pour mes vacances cet été.
Ce livre est composé de 2 parties « toi » et « moi ». La première est centrée sur Tarek, adolescent au Caire dans les années 1960, qu’on voit grandir et devenir médecin comme son père. Il ouvre un dispensaire dans un quartier défavorisé. C’est là qu’il rencontre Ali, venu demander de l’aide pour sa mère. Chaque semaine il rend visite à la mère d’Ali et se prend d’affection pour elle. Il engage Ali comme assistant au dispensaire puis à son cabinet. Ce jeune homme bouleverse la vie de Tarek.
La deuxième partie raconte la vie du narrateur dont je ne peux rien vous dire sans divulgâcher l’histoire. En tout cas je n’ai rien vu venir de cette révélation.
L’écriture est belle et délicate. Eric Chacour écrit à la deuxième personne. Ce « tu » souvent mal-aimé par les lecteurs, est ici totalement à sa place. Les personnages sont attachants. L’histoire est à la fois pudique et émouvante. On sent le poids des traditions dans un pays qui évolue mais pas suffisamment encore pour permettre à Tarek de vivre comme il le souhaiterait. Ce roman est fait de sensations et d’odeurs. Il est très doux et sensible. Je serai bien restée encore un peu avec les personnages. Quelle maîtrise pour un premier roman. On peut dire que c’est un coup de maître ! Qu’est-ce-que c’était bien, vivement le second roman !
Si vous n’avez pas encore lu ce livre, foncez ! C’est une merveille.
« Ce que je sais de toi » est un premier roman. Et pourtant, ses qualités sont indéniables. Écrit avec beaucoup de poésie d’une plume très captivante, ce livre traite pourtant de sujets difficiles. Véritable coup de cœur pour moi, je l’ai trouvé hyper intéressant et fascinant.
La narration offre beaucoup de surprises. En effet, alors qu’une partie est contée d’une voix anonyme, le lecteur est à mille lieues de deviner qui s’y cache derrière. J’ai beaucoup apprécié de ne le découvrir qu’au moment opportun.
Au vu des nombreuses récompenses reçues par Éric Chacour, il est évident que les lecteurs ne pourront être que touchés par l‘histoire de son protagoniste principal, Tarek, jeune médecin en Egypte, dans les années 80, dont un destin « rêvé » était pourtant tout tracé.
Ce récit, tout en subtilités, m’a conquise très rapidement. M’attachant à ce personnage de Tarek, j’ai beaucoup aimé le fait que la quatrième de couverture ne dévoile finalement que peu de la richesse de l’histoire. J’ai aussi adoré découvrir plein de choses sur ces années au Caire.
Je vous conseille vivement ce bouquin percutant où les émotions se ressentent vraiment.
Le Prix Bookstagram édition 2024, c’est parti ! Trois ouvrages ont été présélectionnés et un jury a la lourde tâche de les départager cet été. Premier ouvrage à passer sur le grill : « Ce que je sais de toi » d’Eric Chacour, qui aura été la révélation de la rentrée littéraire de l’automne dernier et déjà primé de plusieurs prix littéraires.
On y suit Tarek, un jeune médecin égyptien chrétien qui reprend le cabinet de son père décédé.
Nous sommes au Caire des années 60/70/80, dans une famille bourgeoise. De la mère à l’épouse en passant par la petite sœur et la domestique, chacun joue parfaitement son rôle dans une société corsetée.
Tout bascule quand Tarek décide d’ouvrir un dispensaire dans un quartier pauvre : il découvre un autre monde, et Ali, un garçon qui se débrouille comme il peut tout en s’occupant de sa mère alitée. Tarek va se lier à ce jeune homme plus qu’il ne l’envisageait et l’initiera même à la médecine… C’est tout son équilibre familial qui va s’en retrouver bouleversé.
Cela débute tout doucement avec une chronique familiale tout ce qu’il y a de plus simple : on y suit une famille aisée chrétienne du Caire des années 60/70. Puis tout un coup les certitudes vacillent, volent en éclats. L’inattendu fait exploser la routine, amène le chaos là où tout est ordre et stabilité. On suit alors l’affrontement de deux mondes, deux univers, deux cultures, deux classes sociales.
Éric Chacour raconte avec une prose puissante, lumineuse, chargée d’émotion, le parcours bouleversant de cet homme qui observe un jour sa vie partir en vrille.
Il y a deux tours de force dans « Ce que je sais de toi ». Le premier est la période sur laquelle se déroule la fiction, de 1961 à 2001, quarante années d’histoire entre Le Caire, Montréal et Boston, par flash-back, sans que cela ne gêne aucunement la fluidité du récit. Le second tour de force est bien plus rare, c’est ce tutoiement quasi permanent du narrateur : est-ce un homme ou une femme qui s’adresse à Tarek, le personnage principal ? Est-ce une personne qui le connaît si bien, sa femme, sa mère, la domestique ?
Le mystère est entretenu tout le long des deux tiers du roman, jusqu'au moment où l'on passe du « tu » au « je » - cela donne un charme inouï au texte, quelque chose qui met à la fois une tension dans le roman et pose bon nombre d'interrogations. Comme son titre l’indique, « Ce que je sais de toi » apparaît alors comme le récit d’un autre, qui reconstitue l’histoire à partir de ce qu’il peut en connaître.
C'est un premier roman qui prend des airs de classique. Au fil des pages, l'histoire prend de la profondeur et de l'épaisseur… et l'écriture est tout simplement magnifique !
Au final, « Ce que je sais de toi » s'avère donc être une histoire d'amour, de filiation, d'exil, de famille, de déracinement, d'abandon et de passion interdite au cœur d'une société levantine chrétienne corsetée, servi par la plume sensible, délicate et pleine de pudeur et de non-dits, d'un auteur dont on a du mal à croire qu'il livre ici son premier roman, tellement celui-ci s'avère maîtrisé.
Difficile de croire que « Ce que je sais de toi » est un premier roman tant son auteur, Eric Chacour, fait preuve d’une rare maîtrise littéraire et stylistique. Au fil de la lecture ce texte d’apparence classique se révèle un roman riche, foisonnant, envoûtant.
Je suis partagée à propos de « Ce que je sais de toi » ;
D’un côté, la narration sur le mode du « tu » m’a lassée irritée et perplexe, je l’ai trouvée artificielle ; qui est ce narrateur final ? Il faut attendre le passage au « je » pour le savoir, moi j’ai perdu le fil depuis des plombes… Et si j’ai trouvé touchantes les amours clandestines entre gens du même sexe (mais pas du même milieu), elles ne m’ont pas émue comme je pensais l’être en découvrant la 4e de couverture. Sans parler de la tristesse suffocante de l’ensemble qui envoie dans un gouffre.
D’un autre côté, j’ai apprécié la belle langue, le style fluide et maîtrisé, la fine analyse des personnages et de leurs interactions : Tarek, englué dans le schéma social et familial, sa mère gardienne des traditions, l’épouse aimante et discrète, l’amant inattendu et fragile… J’ai adoré la peinture de l’ambiance au Caire et de la traversée par l’Egypte des soubresauts de l’Histoire, l’approche quasi documentaire de l’obscurantisme et de l’oppression qui règnent à tous les niveaux, la représentation de l’exil.
Partagée, disais-je…
Ce livre voyage dans le cadre des 68 premières fois, merci à l’équipe pour cette belle aventure
Ce roman, je l’avais beaucoup vu passer il y a quelques mois.
Tous les avis étaient bons et je me l’étais noté dans un petit coin.
Disponible dans ma médiathèque, je n’ai pas hésité avant de l’emprunter, même si je ne me souvenais plus tout à fait du sujet du roman.
Et ce côté lecture « à l’aveugle » sans avoir repris connaissance de la 4ème de couverture, fut pour moi une excellente idée, une totale découverte.
Franchement, quel bonheur de lecture, quelle plume !
Un coup de ❤️ franc et massif.
Dès le début de ma lecture, j’ai senti que j’allais aimer ce roman.
Juste un peu gênée (intriguée aussi) au tout début, par la rédaction à la 2ème personne (ce qui est loin d’être habituel), je m’y suis ensuite plongée, attrapée par ce Tu étonnant et emportée par une écriture délicate et une lecture d’une magnifique fluidité.
Quel régal !
Trois parties dans ce roman « Toi » « Moi » et « Nous »
La seconde partie est une révélation. Un passage au Je qui nous fait comprendre qui est ce personnage au tutoiement si étonnant dans la première partie.
Un roman à la plume fine, pleine de pudeur. Un roman intime, fort.
Une histoire d’amour et d’amours, un drame aux nombreuses répercussions. Une histoire pleine d’élégance mise en lumière par une construction originale.
Un premier roman parfaitement maîtrisé qui m’a envoûtée et profondément émue !
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