Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
La narratrice, une enfant de onze ans, vit chez ses grands-parents, dans le Brabant flamand. Sa mère l'a abandonnée des années auparavant. C'est l'été dans cette vaste maison bordée d'un étang et d'un magnifique jardin. Le grand-père est en train de mourir dans une des chambres à l'étage, visité chaque jour par une infirmière. Cet homme autoritaire, distant, intimidant, est l'ombre manquante dans le jardin, espace de prédilection où sa petite-fille l'assistait dans ses occupations. Alors que la mort approche, autour de la fillette prennent place les différents protagonistes de ce lieu où la nature est souveraine : ses grands-parents bien sûr, les trois chiens, un jeune homme qui s'occupe des gros travaux, une baleine qui un jour a surgi dans l'étang. Elle rêve aussi d'un ailleurs qui pourrait être l'Alaska, la mer des Sargasses ou les Adirondacks.
Dans ce premier roman qui impressionne par sa sobriété et sa maîtrise, Zoé Derleyn interroge avec subtilité la manière dont se construit une filiation.
Une histoire sur l’enfance, il semble y avoir de la nostalgie de ces moments passés. Une histoire qui parle beaucoup de la nature, une jeune fille qui voue une véritable admiration à la nature et au jardin de ses grands-parents. Des sujets plus délicat font également partie de cette histoire, la maladie et la mort.
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On suit cette jeune fille l’été où son grand-père est touché par la maladie et meurt. Depuis que sa mère l’a abandonnée chez ses grands-parents, elle mène une vie très solitaire.
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Une jolie écriture très poétique et une jolie lecture.
La gamine a tout juste onze ans, et depuis l’âge de trois ans elle vit chez ses grands parents dans le Brabant flamand. Depuis que sa mère l’a posée là, comme une valise encombrante que l’on oublie vite.
Dans la ferme au bord de l’étang elle aime passer des heures les pieds dans l’eau, à nager, découvrir, tenter toutes les bêtises, toutes les expériences. c’est une enfant solitaire qui découvre la nature, le jardin, les animaux, les chiens, la vie auprès de la grand-mère si avare de mots, et du grand-père parfois dur avec la petite.
Mais les journées s’écoulent beaucoup plus lentement depuis que le grand-père est revenu de l’hôpital. Là haut dans son lit, il attend la mort. Regarde parfois par la fenêtre l’étang, les chiens, le verger, la vie.
Et elle de son côté continue ses découvertes, regrette tout ce que le grand père n’a pas encore eu le temps de lui apprendre, se remémore les souvenirs heureux, les peurs, la baleine, la pêche, les chiens, remonte le fil d’une courte vie déjà bien remplie au bord de l’étang. Une enfance solitaire, au plus près de la nature quelle explore sans relâche et sans contraintes et qui l’aide à grandir, faisant l’expérience de la mort, de l’abandon, de la peur. Dans ce monde où elle se crée des monstres et des rêves, des angoisses et des peurs, elle apprend la vie dans ce jardin empli de groseilles, cet étang empli de baleines et d’anguilles.
L’écriture est sobre, délicate, il s’en dégage beaucoup de douceur et d’empathie pour cette enfant qui grandit, cette adolescente qui se dessine. Il y a une vraie tendresse à la fois triste et poétique dans ce premier roman à la fois court et puissant, qui nous prend et nous tient jusqu’au bout, jusqu’à cette mort qui pourrait aussi être une seconde naissance.
chronique en ligne sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2022/03/20/debout-dans-leau-zoe-derleyn/
Une petite fille de 11 ans vit avec ses grands parents dans un maison au bord d'un étang. Cet étang est son domaine. Elle adore s'y rendre pour nager, barboter, être en osmose avec l'univers aquatique. Ses grands parents sont plutôt du genre taiseux mais elle est plus proche de sa grand mère qu'elle aide en cuisine que de son grand père qui ne quitte plus sa chambre car il est alité au seuil de la mort. Elle se rend à son chevet chaque jour, et alors qu'il observe son jardin, elle lui conte ses journées et ce qui se passe dans ce jardin. C'est avec ces échanges, ou plutôt ces monologues, qu'elle prend conscience du lien qui la lie à son grand père qui jusqu'alors l'intimidait beaucoup.
Ce roman tourne autour de la vie de cette petite fille et des relations qu'elle entretient avec ses grands parents. Tout tourne autour de ce qu'elle vit, ce qu'elle ressent. Si l'écriture est très douce, elle est aussi d'un réel ennui. Je n'ai pas réussi à trouver le chemin que l'auteure a tracé, je me suis donc perdue.
Le seul point positif est le rapport que la petite fille entretient avec la nature qui a trouvé un écho en moi. On finit par éprouver une certaine tendresse à cette enfant solitaire qui arrive à mêler son propre univers à celui dans lequel elle évolue.
J'ai lu ce livre dans le cadre des 68 premières fois.
https://quandsylit.over-blog.com/2022/07/debout-dans-l-eau-zoe-derleyn.html
« Debout dans l'eau jusqu'à la taille, je suis capable de rester immobile dans l'étang très longtemps. Mes pieds disparaissent peu à peu dans la vase. A travers le reflet de mon maillot rouge, j'aperçois mes jambes, tronquées aux chevilles. Je laisse les poissons s'approcher de moi jusqu'à ce qu'ils m'embrassent les mollets, les genoux, les cuisses. Je ne bouge pas, j'oscille légèrement, je respire au rythme de l'eau, je fais partie de l'étang. J'entends ma grand-mère qui m'appelle mais je ne réponds pas, ça gâcherait tout. »
Zoé Derleyn fait partie de ses auteurs qui savent raconter le monde à hauteur d'enfant, ici le monde d'une très jeune fille de onze ans qui grandit auprès de ses grands-parents, sa mère l'ayant abandonnée jeune. Elle grandit tout en poésie dans une campagne brabançonne enveloppante, peuplée d'anguilles, de poissons, de chiens, emplie de groseilles à maquereau, débordante de vergers et potagers. La nature est omniprésente, comme si c'est là qu'elle poussait, là qu'elle se construisait en toute liberté, là qu'elle s'enracinait.
« Je pense aux gouttes qui crèvent la surface de l'étang, qui font des petits trous et rebondissent et on ne sait plus si la pluie tombe du ciel ou si elle jaillit de l'étang, dans quel sens l'eau circule. »
L'écriture déploie mille textures et sensorialités sur une ligne mélodique très harmonieuse. Chaque chapitre coule comme un parcelle d'enfance. On est comme dans une bulle de fraicheur, porté par l'imaginaire très puissant de cette jeune fille à la frontière entre l'enfance et l'adolescence. Un regard d'enfant qui ne comprend pas tout mais qui sait dire ce qu'il voit de façon très concrète, dans le vent, sous la pluie, au soleil, avec sa grand-mère reine de la confiture. Mais des émois qu'elle a du mal à nommer et qui ressemble à la naissance du désir lorsque Dirk, le jardinier apparaît.
Pour autant, rien n'est simple pour la narratrice. Son grand-père, confiné dans sa chambre. Il va mourir durant cet été, c'est annoncé sans qu'elle ne sache quand cela aura lieu. C'est là que le roman gagne en profondeur en montrant comment se construit une vie et une filiation. Ce grand-père, il lui a fait longtemps peur, trop intimidant, trop autoritaire. Et voilà que c'est à ce moment qu'elle réalise le lien qui l'unit à lui, un lien presque créé à son insu. Cette relation en creux est décrite toute en sensibilité et pudeur.
Une délicate aventure intime que j'ai lue comme dans une bulle tant l'adéquation entre les mots et les mouvements de l'âme de cette jeune fille est juste.
Lu dans le cadre de la sélection 2022 des 68 Premières fois #9
Très courts chapitres dans lesquels la narratrice de 11 ans nous livre des bribes de son enfance à l’âge où les premiers émois arrivent. Abandonnée par sa mère à l’âge de 3 ans, elle vit à la campagne chez ses grands-parents. Son grand-père est en train de mourir. Très beau premier roman.
Peut-être que l’enfance est une île après tout, une sorte de bastion cerné par des douves dans lesquelles coule une eau, noire peut-être, mais douce et accueillante, dépourvue de danger, nourricière s’il le faut et pédagogique à ses heures. Une eau où l’on apprend à se tenir debout, parce qu’elle vous porte malgré la vase qui pourrait faire glisser, parce que, aussi, à vos côtés, sur l’eau, dans l’eau ou depuis la berge, se dressent des figures dont le rôle semble, de toute éternité, de s’y dresser : un grand-père au caractère rugueux comme la paume de ses mains, une grand-mère à la vigilance muette mais attentionnée, des chiens aux mauvaises habitudes immuables et rassurantes.
Dans son très réussi premier roman, Debout dans l’eau, Zoé Derleyn, jeune auteure belge à la plume extrêmement prometteuse, nous convie à une éclosion, à ce moment charnière et décisif où sa jeune narratrice de 11 ans (et demi !) quitte les certitudes l’enfance pour sentir sous ses pieds le sol instable de l’adolescence. C’est l’été où tout bascule, l’été où le doute s’immisce, l’été où meurt son grand-père. C’est l’été, pourtant, où elle semble prendre conscience pleinement de qui elle est, de la lignée dans laquelle elle s’inscrit de par ses goûts, ses préférences et ses affinités, par sa mémoire et ses attachements, bien au-delà de « ses cheveux d’ailleurs et ses joues d’ici ».
J’ai beaucoup aimé me couler auprès de cette petite fille plus si petite que ça, entre les pattes de ces chiens au sourire dévoreur, à la placidité enjouée, m’asseoir à ses côtés, sur la couverture à franges de son grand-père, pour picorer des groseilles à maquereau qui me rappelaient le mien, ou sur un banc d’église, à l’ombre de la foi vacillante mais viscérale de sa grand-mère, rassurante comme un phare dans la nuit. J’ai aimé sentir, entre les lignes sans lourdeur de cette écriture tout en retenue et en sensualité, jaillir la lumière d’un été, les parfums pleins de fraîcheur de l’eau stagnante et sombre, le son des insectes alourdis de soleil, le goût acidulé des fruits partagés entre deux silences. J’ai aimé découvrir, grâce à la curiosité d’une poignée d’aventurier(e)s des mots nommé(e) s « les 68 Premières Fois », ce talent tout neuf qui, pas si loin de nous, offre à la langue française un si bel écrin.
Pour faire des ronds dans l'eau
Pour son premier roman Zoé Derleyn a choisi de raconter son séjour chez ses grands-parents lorsqu'elle était préadolescente. Avec poésie et humour, avec un brin de nostalgie.
Voilà un roman qui fonctionne comme un caillou jeté au milieu d'un étang. En suivant les ondes, on s'éloigne de plus en plus du cœur de l'histoire tout en découvrant de nouveaux cercles. Le premier se résume en une phrase. Une fille de onze ans séjourne chez ses grands-parents. Le second nous en apprend un peu davantage sur la géographie des lieux. Près du domaine, il y a un étang qui fascine la fillette, dans lequel elle se baigne, sent la vase et les poissons, imagine tout un monde, allant jusqu'à y voir surgir une baleine. Et autour de la maison, le grand jardin offre tout un monde de saveurs d'où émergent les groseilles à maquereau.
Le troisième cercle est celui du temps qui file au rythme de la météo et des activités. Entre la canicule qui va provoquer un carnage chez les poissons, la pluie qui n'empêche ni les chiens ni leur amie de se promener ou encore l'orage qui va frapper à l'heure des confitures, on va se laisser bercer par l'ambiance de cette campagne qui a quelque chose d'immuable.
Le quatrième cercle est celui de la sensualité. Au sortir de l'enfance, les bruits, les odeurs, les goûts et les couleurs accompagnent avec avidité cette existence.
Le cinquième cercle est constitué par l'entourage, à commencer par les grands-parents, qui sont une source inépuisable de savoir et de découvertes, des parties de pêche au jardin, du bricolage à la cuisine. Puis viennent toutes les personnes qui gravitent autour des grands-parents. Le personnel de maison, l'infirmière et Dirk, le jeune homme dont la plastique ne laisse pas la jeune fille insensible.
Ajoutons-y un sixième cercle, celui des émotions qui puisent dans une large palette, par exemple face à la blessure ouverte suite à une chute, ou encore lorsqu'elle comprend que la mort rôde autour du grand-père.
Des ronds dans l'eau chargés de poésie et d'un brin de nostalgie, des ondes qui nous emportent au pays de l'enfance et de l'apprentissage de la vie.
https://urlz.fr/iBkU
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Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
Une belle adaptation, réalisée par un duo espagnol, d'un des romans fondateurs de la science-fiction, accessible dès 12 ans.
Merci à toutes et à tous pour cette aventure collective
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