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Bernard Dunphy, diagnostiqué tardivement Asperger, est un jarvey, celui qui promène les touristes dans une calèche à Killarney, petite ville tranquille du sud-ouest de l’Irlande. Il joue du blues et compose pour la belle Marian qui n’en a pas grand-chose à faire. Elle préfère tuer le temps des week-ends avec ses amies en se soûlant dans les pubs ou en dépensant l’argent gagné dans la semaine en futilités. Le temps est long quand rien ne se passe, les filles trentenaires s’interrogent sur la probabilité de trouver un mari. Seul Bernard semble éloigné de tout ça. Et puis quelque chose dérape un jour, il y a un mort. Et ce cadavre devient le révélateur de crimes plus anciens.
Colin O’Sullivan imprine avec brio à son roman noir, le rythme lent et syncopé du blues. Il nous embarque dans les conversations des filles d’un vide sidéral, dans la tête du champion local de foot, dans les pensées de Bernard sur lequel pèse le fardeau d’un vieux et lourd manteau dont il s’affuble été comme hiver. Ce manteau-symbole qu’il parviendra à quitter un jour, mais à quel prix ?
Inutile de chercher dans ce premier roman les trépidations haletantes d’un thriller ou les arcanes d’une enquête policière, on est bien au-delà. On est plutôt dans la lignée d’un Richard Price (Ville noire ville blanche), rien de fabriqué, juste la chronique d’une ville ordinaire. On ne peut s’empêcher aussi de penser à La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu pour la poésie qui se dégage du livre. Normal, Colin O’Sullivan est aussi poète !
Non le blues ne vient pas du Mississipi, non les romans noirs ne sont pas l’apanage des américains.
Avec Colin O’Sullivan, tout est irlandais et c’est incroyablement beau, subtil et poétique.
Ce livre attendait patiemment dans ma PAL depuis sa sortie en poche. Il était bien caché, il ne faisait pas de bruit, serein, il savait que son heure viendrait et que j’en sortirai émue.
On pourrait croire qu’il ne se passe rien à Killarney, mais c’est sans compter sur la noirceur vivace de la réalité.
Dans cette jolie ville touristique irlandaise, il y a des averses, le soleil parfois et puis, les nuages qui s’amoncellent et encore des averses. Le soleil ne reste jamais longtemps à Killarney.
La vie, la mort, les âmes perdues.... Un roman très touchant, un texte pudique et bouleversant, empreint d’une sombre mélancolie. Un parfait équilibre entre émotion et énergie, qui prend à la gorge et ne vous lâche plus.
C’est à découvrir absolument pour les amateurs du genre.
Quand je pense que c’est un premier roman...
Traduit par Ludivine Bouton-Kelly
L’Irlande comme je ne l’avais jamais lu. L’action se passe dans le comté de Killarney qui est une des destinations favorites des touristes et on peut dire qu’elle devient un personnage à part entière dans ce roman. J’ai dévoré les pages comme si j’étais affamée et ce fut une très bonne lecture. On y croise deux amis d’enfance Bernard Dunphy et Jack Moriarty qui a l’âge adulte ont tracé deux routes bien distinctes qui ne se croisent qu’au Pub. Bernard est un « Jarvey », il conduit une calèche à travers toute la ville pour les touristes et oscille entre deux amours, on pourrait même parler d’obsession, le blues et Marian. Bien qu’ayant trente ans, il vit encore avec sa mère dans le souvenir de son père John Dunphy, mort noyé dans le lac voisin alors qu’il n’avait que sept ans. Marian est une très belle jeune femme qui fait partie d’un trio d’amies avec Mags et Cathy qui aiment faire la fête, sortir et boire le week-end. Quand au beau Jack, il cultive son côté bad boy entre ses matchs de foot et ses conquêtes, on sent chez lui une violence sous tendue qui ne demande qu’à s’exprimer.
On ressent profondément qu’il y a là un secret, bien caché qui engendre tristesse et mélancolie et bientôt une terrible violence, la tension grimpe au fur et à mesure que la menace se précise. Comment l’action d’un seul homme peut-elle avoir une si forte répercussion. Le rythme est plutôt lent mais on se laisse bercer par les pas de Ninny la vieille jument et par le blues, il y a de quoi se faire une playlist conséquente avec toutes les références que l’on trouve. J’ai apprécié le style de l’auteur qui nous livre avec parcimonie des éléments du passé par petites touches pour mieux nous montrer ce qui a été brisé à jamais. Un roman noir bouleversant à découvrir. Bonne lecture.
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